Résumé de livre : Brain over Binge de Kathryn Hansen

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À travers la lecture de ce livre, nous rencontrons une jeune femme en confrontation avec des symptômes d’hyperphagie boulimique et apprenons de quelle façon elle en guérit. Cette pic brain over bingeautobiographie a été écrite par Kathryn Hansen et est un très bon support pour toute personne souhaitant guérir définitivement de ses troubles alimentaires par soi-même.

Kathryn Hansen souffrait de boulimie avec de sérieuses crises d’hyperphagie boulimique durant une période de six ans.

Dans le but de guérir, elle a consulté plusieurs professionnels de la santé, tels que des diététiciens, psychothérapeutes et spécialistes du comportement alimentaire. Durant ces années elle s’est sentie résignée, tout en gardant un petit espoir qu’un jour elle se débarrasserait de ce comportement destructeur. C’est donc pour cette raison qu’elle s’est fait la promesse d’écrire son parcours si elle guérissait. Et donc, après s’être complètement débarrassée de ses troubles alimentaires, grâce au livre de Jack Trimpey « Rational Recovery », elle a pris la plume pour partager son expérience.

 

Un épisode d’hyperphagie boulimique se traduit par l’ingurgitation d’une grande quantité de nourriture en l’espace de très peu de temps (moins de deux heures). L’hyperphagie boulimique est considérée comme un trouble alimentaire déclenché par des émotions et ensuite programmée comme une habitude. On peut tout à fait considérer ce trouble comme une addiction. Une addiction est un comportement répété et incontrôlé durant lequel aucune considération n’est apportée aux conséquences de l’acte en lui-même. Ce comportement peut se traduire par la consommation de substances telles que drogues, alcool, nourriture… ou par des actions (TOC, troubles obsessionnels compulsifs). Kathryn Hansen nous dirige vers deux livres qui parlent d’un moyen facile et définitif de « guérir » d’une addiction. En effet, autant Jack Trimpey avec les alcooliques que Jeffrey Schwartz avec les patients TOC sont convaincus que la séparation du cerveau humain (cerveau supérieur, l’esprit, la conscience) du cerveau animal (cerveau inférieur, cerveau) peut aider une personne souffrant de troubles à guérir de n’importe quel comportement destructif. Par l’application d’un état de contemplation et de laisser-aller, un concept très proche de la philosophie Bouddhiste Zen, une personne souffrant de troubles du comportement peut faire taire les voix démoniaques qui s’agitent dans sa tête.

Pourquoi le fait de guérir en premier lieu les troubles émotionnels qui déclenchent l’addiction ne fonctionne pas pour toutes les personnes souffrant d’addictions ? Parce que, à ce stade de la maladie, c’est le comportement destructif (l’addiction) qui est le problème et non la frustration qui conduit à l’addiction. L’habitude qui a été programmée à cause de cette première frustration devrait être annihilée et pas le contraire. Évidemment, c’est bien la profonde émotion qui est le déclencheur, mais l’habitude qui, par la suite aide à faire face à la frustration par des comportements définis et immuables, est bien plus difficile à rompre. Donc, l’objectif principal est de se concentrer sur ce qui est déclenché par l’émotion plutôt que l’émotion elle-même. La plupart des personnes souffrant de troubles alimentaires auraient certainement de meilleurs résultats avec des exercices de contemplation et de méditation qu’auprès d’un psychiatre chez qui il contera ses secrets les plus profonds et décrira ses traumatismes d’enfance.

 

the mind and the brain picSur un plan plus scientifique, mais tout de même très simple à comprendre, les études établies sur des patients TOC de Jeffrey Schwartz ont été très importantes pour comprendre ce qu’il se passe à l’intérieur du cerveau et de l’esprit d’une personne souffrant de comportements compulsifs. En effet, les personnes dépendantes ont un cortex orbital frontal hyperactif (normalement fonctionnant comme système de détection à une situation anormale ou erronée). Au moment où le cortex orbital frontal s’enclenche, une action doit être entreprise pour l’apaiser afin d’harmoniser l’expectative de la situation avec la réalité. Il tombe donc sous le sens que, lorsqu’un mangeur compulsif sent une envie irrépressible de manger, la réponse psychologique attendue pour apaiser l’enclenchement de son cortex orbital frontal sera de manger quelque chose. Si une personne souffrant d’addiction pouvait expérimenter une envie insoutenable sans réagir émotionnellement à l’inconfort qui en résulte, elle pourrait réaliser que son envie n’est en fait rien de plus que la manifestation d’une connexion défectueuse du cerveau.

Plus la personne souffrant de troubles compulsifs appliquera cette pratique de « non-réaction », plus vite elle deviendra une habitude et plus s’affaiblira l’action compulsive. La meilleure façon d’expérimenter une envie irrépressible sans agir est d’appliquer un état de pleine conscience.

 

Afin d’illustrer le style du livre, voici un extrait qui est l’un de mes passages favoris :

« Je me suis approchée du réfrigérateur et j’ai commencé à manger, mais quelque chose était différent. Manger n’était pas excitant. La nourriture n’était pas autant goûtue. Je ne mangeais pas aussi vite par rapport à mes compulsions passées, et le processus n’était pas autant plaisant. Je me suis arrêtée car ce n’était simplement pas la même chose que mes compulsions passés. Je n’ai pas une solide explication pour quelle raison c’était différent, mais je crois que c’était parce que mon « moi » – mon cerveau humain – est resté présent et séparé de mon cerveau animal durant l’hyperphagie boulimique. Ça m’a donc permis d’expérimenter la compulsion avec ma volonté propre ; durant la compulsion, je savais que c’était un choix et je ne me sentais aux commandes. … Ma dernière hyperphagie boulimique était différente car l’action de me nourrir n’était pas irréfléchie. Je savais que chaque bouchée était de ma propre volonté, et j’ai découvert que je n’en avais simplement plus envie. Ce dernier état compulsif m’a prouvé quelque chose que je n’avais pas senti depuis des années : je ne voulais simplement pas manger compulsivement, mais que quelque chose me poussait à le faire, sans en avoir le moindre control. Depuis ce moment, il a été tout simplement impossible de manger compulsivement à nouveau. »

 

Quels ont été mes sentiments à la lecture de ce livre ? Étant moi-même une mangeuse compulsive, j’ai expérimenté un sentiment très fort durant la lecture. Il m’a même été difficile de retenir des pleurs de joie après avoir réalisé que je n’étais pas seule et que je ne devais pas avoir honte d’une habitude destructrice contre laquelle je n’avais pas d’outils ou de contrôle. Cependant, ce n’est pas un antidote ou une formule magique, c’est un chemin difficile pour finalement trouver comment établir un état de laisser-aller et simplement rester passif contre notre cerveau animal qui essaie de vous donner des excuses pour assouvir l’envie compulsive.

 

Vous vous demandez sûrement quel est le lien entre un style de vie sain (que nous essayons de promouvoir) et les troubles du comportement alimentaire. C’est tout bonnement l’opposé, non ? Pourtant, il y a en effet un lien : le cerveau animal va réagir à n’importe quel régime ou jeûne que vous pourriez entreprendre, afin de compenser la déficience nutritionnelle. Donc manger compulsivement est une réponse saine de votre corps pour prévenir la famine. En effet, quand nous étions des chasseurs-cueilleurs et quand nous n’avions pas accès à de la nourriture à tout moment, à l’inverse d’aujourd’hui, nous étions sujets à des périodes de disette et de famine. Quand nous avions de bonnes chasses, le corps nous donnait le signal de manger autant que possible afin de se préparer à la prochaine période de disette. D’ailleurs, nous pouvons retrouver ce même principe dans le règne animal (hibernation). Nous pouvons donc constater que le cerveau animal n’est pas un démon mais ne s’est simplement pas adapté à notre mode de vie actuel… ou peut être que notre mode de vie moderne n’est pas le bon… Pour exemple, comparez un individu occidental de notre vie moderne qui entreprend un régime et un chasseur-cueilleur qui expérimente un période de disette. Le premier a toute la nourriture à portée de main pour assouvir son manque nutritionnel (la plupart du temps il choisira de la nourriture extrêmement mauvaise car trop sucrée et trop grasse), par contre le second n’a aucune ressource pour remplir son corps de nutriments essentiels. Donc oui, quelque chose est définitivement incorrect. La prochaine fois que vous pensez avoir besoin d’entreprendre un régime drastique, pensez-y à deux fois. Vous avez peut être juste besoin de revoir votre mode de vie et vos habitudes alimentaires.

 

 

Références :

1. Brain over Binge, Kathryn Hansen, 11.2010

2. The Mind and The Brain : Neuroplasticity and the of mental force, Jeffrey Schwartz & Sharon Begley’s, 2002

Résumé du livre (en anglais) : http://www.firstthings.com/article/2007/01/the-mind-and-the-brain-neuroplasticity-and-the-power-of-mental-force

Résumé du livre (en anglais) : http://www.oepf.org/book-review/mind-and-brain-neuroplasticity-and-power-mental-force

3. Rational Recovery, Jack Trimpey, 11.1996

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