L’importance d’une bonne posture

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La posture est la position de l’ensemble de toutes les articulations du corps humain à tout instant donné. Plus simplement dit, c’est la façon dont on se tient. Il est important de différencier la posture statique et la posture dynamique. Statique étant la position de l’ensemble des articulations lorsque le corps est immobile, et par opposition, la posture dynamique lorsque le corps est en mouvement. En se basant sur l’assertion précédente, une « bonne » posture serait la position « IDEALE » de l’ensemble des toutes les articulations du corps à tout instant donné.

Cela paraît relativement évident, et même acquis. Après tout, nos genoux, nos épaules et bassin sont TOUJOURS dans la même position… Mais le sont-ils vraiment ?

À l’exception de quelques malchanceux sujets, nous naissons tous avec la même panoplie d’articulations, qui performe les mêmes actions. Mais la vie dans notre société moderne a tendance à nous user. En effet, nos articulations ne sont pas faites pour les mouvements répétitifs et les périodes prolongées passée dans la même position (assis, debout, ou autre, peut importe) que nous leur faisons subir.

Le fait est que nous sommes tous sujets à des distorsions posturales, aussi insignifiantes soient-elles. Et ce n’est pas grave, du moment que nous en sommes conscients et faisons de notre mieux pour les corriger, ou au moins éviter qu’elles empirent.

L’importance de la posture paraît parfois exagérée, en effet, est-ce vraiment essentiel de s’en préoccuper ? « Qu’ai-je à y gagner ? »  « Ma posture m’affecte-elle vraiment ? » Bien qu’il soit possible de passer une vie entière sans se préoccuper une seule fois de sa posture, une multitude de douleurs et de désagréments pourraient être évités grâce à une meilleure posture. Des migraines, par exemple, peuvent être provoquées par des déséquilibres musculaires au niveau de la colonne cervicale. Voici une autre illustration des conséquences insoupçonnées d’un mauvais alignement de nos articulations ; Il a été établi par plusieurs études, qu’une position mandibulaire (de la mâchoire) plus symétrique pouvait améliorer la démarche d’un individu, probablement de par l’influence de celle-ci sur la répartition du poids du corps sur la voûte plantaire.

Une étude cherchant des corrélations entre les distorsions posturales, la fréquence et l’intensité de souffrances physiques a clairement démontré que les individus atteints d’un plus grand nombre de problèmes de posture ne souffraient pas forcément plus intensément mais plus souvent.

Comment en arrivons-nous à modifier notre posture pour le pire ?

Nos articulations sont entourées de muscles qui génèrent la force nécessaire à les mouvoir et sont maintenues en placesant_posture_gp7 par des ligaments. Les ligaments réagissent peu aux influences externes, mais les muscles, eux s’adaptent, et évoluent sous l’influence des pressions mécaniques qu’on leur impose, que ce soit un mouvement répétitif ou une position maintenue pendant plusieurs heures sans interruption.

Dans les deux cas, les muscles en question vont traverser le cycle de blessure cumulative (de l’inflammation à la formation de nœuds musculaires, ce qui est très similaire au processus suivant une séance d’entraînement, à l’exception que dans ce cas, les résultats ne sont pas désirables et contrôlés) et comme l’a établit la loi de Davis (les tissus mous épousent les lignes de stress) vont s’adapter pour correspondre au paterne ou à la position répétitive et s’y accommoder.

La conséquence de ce processus est l’altération de la longueur initiale des muscles autour de l’articulation (déséquilibre musculaire) avec pour résultats une limitation de la flexibilité du joint concerné, une altération des mouvements, et sur le moyen à long terme, des dommages possibles sur le cartilage et les tissus mous (muscles et ligaments) ainsi qu’une mauvaise posture.

Prenons à nouveau un exemple bien précis : un individu passant plusieurs heures assis avec peu ou pas d’interruption, aura les muscles fléchisseurs des hanches (rectus femoris, iliopsoas, bande iliotibiale etc…) dans une position de contraction constante. Et à l’opposé, les muscles extenseurs des hanches (gluteus maximus, ischio-jambiers, etc…) seront maintenus dans une position étendue et donc continuellement allongés. Être simplement assis peut paraître innocent, même sain et reposant, mais n’importe quel type de position ou de mouvement trop souvent répété ou maintenu trop longtemps vont provoquer l’usure des mécanismes du corps. Les effets à long terme de la position assise sont une flexibilité des hanches limitée, ainsi qu’une exagération de l’inclinaison antérieure du bassin qui va à son tour provoquer une augmentation de la lordose lombaire (courbure de la colonne vertébrale au niveau des vertèbres lombaires) et la liste continue…

Vous attendez probablement un discours moralisateur sur les bienfaits de l’exercice et sur la nécessité de s’entraîner ? Et bien, vous n’avez qu’à moitié raison. S’entraîner (peu importe de quelle manière), sans avoir clairement définit quels muscles présentent des déséquilibres et quels exercices seraient appropriés dans cette situation est inutile, pire, cela peut même aggraver ou créer des déséquilibres musculaires.

Un excellent exemple d’une telle situation est celui de s’entraîner en se basant uniquement sur la satisfaction de l’ego et d’entraîner encore et encore une ou deux parties du corps (pectoraux et biceps par exemple…). Ce qui va clairement créer une surcharge sur les muscles en question et générer des déséquilibres musculaires résultant en une mauvaise posture (la position légèrement voûtée et les épaules en avant chez les adorateurs du developpé-couché) et même éventuellement des blessures. Comprenez-moi bien, je ne m’attaque pas à un exercice en particulier, mais au principe de répéter constamment les mêmes mouvements dans la salle  de musculation ou ailleurs.

J’espère que vous commencez maintenant à réaliser à quel point les déséquilibres musculaires potentiels sont insidieux et omniprésents. Un autre exemple assez surprenant est celui de la respiration : En effet, les individus souffrant de pathologies respiratoires (l’asthme, et même les crises d’angoisse par exemple) et qui ont généralement un souffle court et des respirations saccadées, auront tendance à avoir la tête et le cou exagérément étendus vers l’avant, ainsi que des épaules recourbées vers l’avant aussi. L’explication de ce phénomène réside dans le mouvement du haut du torse provoqué par le halètement constant qui met le trapèze supérieur ainsi que les muscles responsables de la respiration (scalène, levator scapula, strenoclemastoidien) sous constante tension, les rendant peu à peu hyperactifs et tendus, avec pour résultat une modification de la posture.

before_after_postureIl est effectivement possible, si les exercices sont bien sélectionnés et bien appliqués, de prévenir voir même de corriger les déséquilibres musculaires et une mauvaise posture grâce à l’exercice physique.

Un des facteurs principaux pour garantir une bonne posture, qui a été longtemps ignoré et qui est dû aux constants supports mécaniques présents dans notre société, est l’inhabilité de la majorité des gens à recruter et engager efficacement leur musculature posturale, ou « gainage ». Le problème avec les exercices de gainage est qu’ils sont inévitablement associés aux abdominaux, qui sont par la même occasion le groupe musculaire le plus entrainé.  Mais s’entraîner en vue d’obtenir « la plaque de chocolat » n’engage, la plupart du temps, que quelques muscles superficiels (rectus abdominis, obliques externes et iliopsoas qui est déjà probablement hyperactif), en ignorant la majorité (et surtout les plus importants) des muscles composant la musculature posturale (plancher pelvien, diaphragme, obliques internes, abdominaux transversaux, multifidus lombaire etc…).

Tenter de corriger sa posture par soi-même comprends certains risques et peut s’avérer être un processus long et laborieux. La meilleure et plus simple des solutions est d’engager un entraîneur personnel.

Le travail de l’entraîneur personnel est loin de se limiter à compter les  répétitions et à féliciter le client une fois la session terminée. La partie principale et la plus importante du cahier des charges d’entraîneur est de définir les besoins de ses clients et de créer un programme qui ne répond pas seulement aux désirs et attentes du client mais surtout à ses besoins d’un point de vue physique et physiologique. Dans le cas de déséquilibres musculaires, étirer certains muscles et en renforcer d’autres représente une partie de la solution, mais il n’existe pas de recette universelle. Chaque individu doit être observé et étudié afin qu’un programme sur mesure puisse être établit.

En résumé : nous sommes tous sujets à différents déséquilibres musculaires, peu  importe à quel point nous sommes en forme, ou croyons être en forme. Les bénéfices d’une bonne posture sont multiples : meilleure flexibilité et articulations indolores, avec pour résultat de meilleures performances à l’entraînement et dans la vie de tous les jours.

Et n’oublions pas, une bonne posture rend plus attirant physiquement. En effet, meilleure est notre posture, plus nous paraissons symétrique et grand et il a été scientifiquement établi que la symétrie et la grandeur d’un individu étaient deux des principaux facteurs déterminant l’attirance physique.

Avant de se concentrer sur la perte de poids, l’obtention de plus gros muscles, ou de records personnels à la salle de sport, il serait judicieux de s’intéresser à sa posture et à comment l’améliorer.

 

 

 

Références :

1. Correlation of Temporomandibular Joint Pathologies, Neck Pain, and Postural Differences. Deniz Evcik MD, Orkun Aksoy DDS PhD. 2000.

2. The  relationship between the stomatognathic system and body posture. Antonio Cuccia, Carola Caradonna. University of Palermo, Italy, 2009.

3. Incidence of Common Postural Abnormalities in the Cervical, Shoulder, and Thoracic Regions and Their Association with Pain in Two Age Groups of Healthy subjects. PHYS THER. 1992; 72:425-431. Patricia Griegel-Morris, Keith Larson, Krissann Mueller-Klaus and Carol A Oatis.

4. http://www.stjohn-clarkptc.com/

5. NASM Essentials of Personal Fitness Training, 4th edition.

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One thought on “L’importance d’une bonne posture

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